Jardins verticaux – 15 projets à Bruxelles

Le jardin vertical est un moyen de cicatriser les blessures infligées au tissu urbain. Par son aspect poétique, il apporte un contrepoint au développement purement technique et rationnel de la ville. Il permet de redonner une structure à des lieux qui en manquent cruellement. En 1995, Luc Schuiten expose à l’Hôtel de Ville de Bruxelles une vingtaine de projets d’aménagements de chancres urbains. Parmi ceux-ci, seulement le moins représentatif sera réalisé, la place du jardin aux fleurs. Ci-contre, la cascade de la rue des Alexiens et l’aménagement de la Tour des Finances avant son relifting.

Des lieux en souffrance

La plupart des grandes villes modernes, et tout particulièrement Bruxelles, souffrent aujourd’hui d’une dégradation de l’espace public : entre deux maisons ou à côté d’un vaste édifice, il arrive trop souvent qu’une portion de terrain reste à l’abandon des années durant. Ce désintérêt génère le vandalisme et l’insécurité. Les carrefours et les coins de rues sont les lieux les plus touchés par ce phénomène des espaces résiduels qu’il est devenu indispensable d’enrayer.

Après plusieurs décennies de domination exclusive par l’automobile, le besoin de reconstruire le tissu urbain se fait particulièrement sentir. Dans le centre de nos villes, le piéton doit pouvoir retrouver ses marques. La sensibilité actuelle aux questions d’environnement fait de la réintroduction du végétal une autre priorité évidente.

Ces diverses considérations sont à l’origine du projet des jardins verticaux.

PlanBruxellespg01-300dpi

Le problème des coins

Le coin est la rencontre brutale de deux rangées de maisons venant en sens inverse. Lorsque l’urbaniste et l’architecte n’ont pas été assez attentifs, c’est l’accident, le trou.

Souvent, les publicitaires profitent de l’aubaine pour étaler leurs slogans sur les ruines, contribuant à la désintégration de l’espace public.

Pour l’architecte, le coin concentre toutes les difficultés. Il doit y concevoir un édifice qui n’aura ni façade arrière, ni jardin, et dont toutes les fenêtres donnent sur le carrefour. Aucun des grands principes de la construction mitoyenne ne peut être appliqué. Et les toitures d’angle doivent réunir par leurs corniches deux rues différentes.

Cette situation particulière a par contre l’avantage d’offrir une perspective dégagée et une façade à large développement. Pour le regard, le coin revêt une importance considérable: c’est la pierre angulaire de l’édifice urbain. Autant il peut déstructurer l’espace quand il est laissé à l’abandon, autant il peut le recomposer pour peu qu’une intervention précise tienne compte de tous les éléments environnants.

Si le terrain a une superficie suffisante, c’est évidemment un projet immobilier qui sera le plus adéquat, mais bien souvent la surface laissée pour compte présente des dimensions qui lui interdisent ce type d’intervention.

Une réponse végétale

C’est l’élément végétal qui convient alors le mieux à la redéfinition de ces lieux difficiles.

D’abord, parce que le végétal est toujours trop peu présent dans nos villes, car les jardins privés sont généralement situés à l’intérieur des îlots, et donc invisibles depuis la rue.

Ensuite, parce que le végétal, par sa légèreté et son caractère organique, peut mettre en valeur les constructions environnantes et apporter une bouffée d’air frais dans un environnement saturé de signes.

Mais dans le cas des espaces résiduels, un simple traitement au niveau du sol ne peut suffire. La surface est trop réduite et les murs, souvent noirâtres ou lépreux, sont trop présents pour que l’espace vert puisse mériter son nom.

Le concept du jardin vertical.

Le projet des jardins verticaux est de compenser la petitesse de la surface au sol par un grand développement vertical.

Ces lieux ne seront accessibles que par le regard. Ils seront établis sur des socles élevés, derrière des grilles ou un plan d’eau, afin d’en empêcher l’accès et de préserver les plantations.

Chaque jardin sera étudié en fonction de la spécificité des lieux ; il sera développé chaque fois sur un concept différent, créant une série de surprises à travers la ville.

Le jardin vertical est un moyen de cicatrisation des blessures infligées au tissu urbain, il peut être conçu comme une solution temporaire dans l’attente d’un projet immobilier ou comme une solution définitive.

Par son aspect poétique, il apporte un contre-point bien nécessaire au développement purement technique et rationnel de la ville. Cherchant ses références dans les conceptions urbanistiques des siècles passés, il permet de redonner une structure à des lieux qui en manquent cruellement.

De par sa nature végétale, le jardin vertical apporte dans la ville un élément écologique fondamental. Accompagné de sa faune, il contribue par sa biodiversité à propager la vie.

Un cheminement

Les quinze jardins verticaux proposés ici pourraient constituer autant d’étapes dans un parcours à travers le centre de la ville et l’ancienne voie royale.

Ces lieux, qui constituent aujourd’hui autant de chancres urbains, deviendraient alors des étapes privilégiées pour le promeneur, redonnant un sens à la flânerie et contribuant à une redécouverte de la ville.


 Avenue de la Reine

avenueReine01semitubAvreine05-100dpi

L’avenue de la Reine aboutit dans l’axe de l’église Notre Dame de Laeken.

Les coins qui l’encadrent ont été négligés : l’immeuble de gauche est surmonté d’un néon, celui de droite est un mur recouvert de panneaux publicitaires. Le projet prévoit de substituer aux affiches une structure métallique en fer et en fonte.

Les portiques, disposés en éventails se développent entre les deux pignons autour des murs courbes qui font office a des bacs à plantes.

Des plantes grimpantes du type clématite et chèvrefeuille persistant envahissent les pergolas depuis les différents bacs à plantes, tandis qu’au sol des bancs s’adossent au muret. L’édicule sera éclairé la nuit.

Place des Barricades

Barricades04-100dpi Barricades-semitub

La place des Barricades est refermée sur les trois quarts de son périmètre par un ensemble de façades néo-classiques arrondies. Le quart restant est une large échancrure qui s’ouvre sur le boulevard Bischoffsheim.

Une plus grande fermeture du site lui donnerait d’avantage d’intimité. Il est par contre intéressant d’apercevoir la place depuis le boulevard de ceinture.

Le projet prévoit de ponctuer l’espace libre par cinq colonnes végétalisées. Ces colonnes sont constituéées de bac à plantes ronds superposés.

Les espaces laissés libres entre ces bacs permettent aux plantes de se développer et d’envahir rapidement les colonnes. Au centre passe un tuyeau destiné à l’arrosage. Quant au somment des colonnes, il est couronné par des cyprès.

Le square central est agrandi, de manière à mettre en valeur la qualité architecturale de la place. Une bande de parking est conservée sur le seul pourtour extérieur.

 

Rue Montagne de la Cour

RueMontagne05 RueMontagne01-semitub

Le terrain situé en face de l’Old England appartient à la Régie des Bâtiments. Peu profond, il est actuellement aménagé en jardin.
Malgré l’exiguïté du site, un imposant projet d’immeuble d’habitations a été envisagé. Le projet suscite bien des controverses. Le terrain est situé dans une zone à forte circulation automobile, le manque de façade arrière le rend peu attrayant, et surtout le Musée prévoit à moyen terme de s’y étendre.
Le projet de jardin vertical consiste en un alignement d’arbres qui referme la perspective et conduit le regard vers la vue panoramique sur le cœur de Bruxelles et la tour de l’Hôtel de Ville.

L’alignement d’arbres serait constitué d’un ensemble de poteaux formé de bacs à plantes et comportant une arrivée d’eau pour l’arrosage automatique. Sur le poteau serait installée une structure métallique en treillage où se développeraient des plantes grimpantes persistantes.
Cette nouvelle volumétrie évoquerait des arbres stylisés, semblables à ceux des peintres modernes : un coup de pinceau vert monté sur une tige noire. Le promeneur aurait ainsi l’impression que la nature, par un singulier mimétisme, prend la forme des tableaux qui ornent le Musée.

 

Rue des Ursulines

Ursulines05 Ursulinessemitub

Entre le début de la rue des Ursulines et de la rue de la Chapelle, la voirie est manifestement trop large.

Cette étendue de tarmac est difficile à traverser pour les piétons. Le passage clouté s’étend sur une grande distance sans aucune protection réelle. Au centre de cet espace informel, on trouve un haricot, ainsi que des zones de parking.

Le projet prévoit de récupérer cet espace de voirie pour réaliser un passage sous une pergola. On relie ainsi la berme centrale boulevard de l’Empereur au petit parc situé en face de l’église de la Chapelle.
Ce nouveau passage piétonnier est constitué d’une croisée d’ogives, réalisées à partir de fers à béton torsadés. Ces fers crénelés, d’allure quasi organique, prennent naissance dans des bacs à plantes, évoquant des poutres de béton inachevées.

C’est comme si le temps avait déjà fait son œuvre et qu’une austère structure de béton s’était trouvée envahie par les plantes, dessinant une chapelle de verdure.
Les structures métalliques se rejoignent pour former un ensemble de luminaires éclairant le passage. A travers ces ogives en fer soudé, on aperçoit l’église gothique de la Chapelle.

Rue de la Chapelle

Chapelle05 Chapelle01-semitub Chapelle02-100dpi Chapelle03-plan-semitub

Le jardin de graminées est aménagé en terrasses. Différentes espèces de plantes se retrouvent côte à côte dans des formes courbes, montant à diverses hauteurs. Les premières graminées commencent à 50 cm et grimpent progressivement jusqu’à un rideau de bambous d’une hauteur de 15 m, face au vide de la trémie du chemin de fer.
Les plantations sont protégées du vandalisme par une pièce d’eau. Au centre de l’espace public, un petit pavillon permet aux promeneurs de s’abriter.

Boulevard de l’Empereur

Empereur05-100dpi Empereursemitub

Au carrefour de la rue des Alexiens et du boulevard de l’Empereur, on trouve un triangle non bâti, actuellement couvert par des panneaux publicitaires.

Bien que d’une superficie réduite, ce terrain présente une assez grande façade du côté de la rue. Ces caractéristiques ont eu comme résultat de n’attirer aucun investisseur pour un projet immobilier.

Le grand développement de la façade rend pourtant le site particulièrement adéquat pour l’établissement d’un commerce. Le projet de jardin vertical prévoit d’y installer un magasin de fleurs.
L’ensemble de la façade avant est formé d’une structure en bois, revêtue de plantes grimpantes. Cette structure est découpée en forme de plante pour constituer une vitrine.

Cette construction très simple est surmontée d’une toiture en bois qui suit la découpe de la vitrine.

Dans les conditions de bail, il sera prévu que l’entretien du mur végétal soit assuré par le locataire.

Rue D’accolay

accolay05-100dpi Accolaysemitub

Cette rue a subi récemment de profonds bouleversements. Elle a été élargie dans sa partie basse. De part et d’autre, de nouvelles constructions ont été érigées.

Ces bâtiments publics sont en rupture avec la volumétrie des petites maisons anciennes. Au milieu de la rue, subsiste encore un groupe de maisons qui viennent d’être classées.

Vu depuis le bas de la rue, un pignon émerge fortement par rapport à l’alignement. Toutes les traces des démolitions de la maison contiguë apparaissent sur ce vaste mur aveugle.

L’aménagement proposé est des plus simples.
Il consiste en le cimentage du pignon et la fixation d’une structure en bois à différents rayons de courbure.

Le pignon est recouvert d’une glycine, dont l’aspect se modifiera plusieurs fois au cours de l’année, passant de colorations mauves-lilas en pleine floraison, au vert tendre et plus prononcé de la période des feuilles, puis à l’absence totale de végétation .

D’autres pignons dans la ville pourraient être traités avec des plantes grimpantes telles que chèvrefeuille, clématite, rosiers ou vigne vierge.

Rue des Alexiens

Alexiens05-100dpiAlexiens01-semitub

La clinique César de Paepe impose sa lourde masse sur la plus grande partie de la rue des Alexiens et se prolonge rue du Poinçon. L’espace entre ces deux rues est resté à l’abandon. La surface du terrain est suffisante pour un projet immobilier, mais sa situation, à la croisée des deux ailes de la clinique, rend cette éventualité peu probable.
Le projet consiste en la réalisation d’une cascade qui coule en trois parties. Un circuit fermé de pompes remonte l’eau de chacun des bassins jusqu’à la partie supérieure.

Le fonctionnement peut ainsi se dérouler en trois phases différentes en fonction des conditions climatiques. Une sonde extérieure permet de réguler l’ensemble. Lorsque le temps est beau et chaud, la cascade fonctionne dans sa totalité. Quand les conditions climatiques sont moins bonnes, la cascade peut fonctionner sur les deux parties inférieures ou même uniquement sur la troisième, avec un mince filet d’eau.

Alexiens02-100dpi Alexiens07

Ce jardin est constitué de matériaux de récupération qui appartiennent tous au vocabulaire urbain (dalles de béton, bordures de trottoirs, moellons…). Son aspect naturel vient de la manière dont ces éléments sont assemblés.

Les différents matériaux sont juxtaposés avec des joints de terre pour que les plantes s’y accrochent et forment des strates comparables à celles des amas rocheux.

Place du jardin aux fleurs

fleurs05-100dpi JardinsFleurs01-semitub

La place du Jardin aux Fleurs déçoit d’autant plus que son nom avait laissé entrevoir un espace plein de poésie.

La place publique a été remplacée par des pavés de béton et les voitures s’y garent dans tous les sens. Le lieu n’a plus rien d’attirant, bien que plusieurs bâtiments ne manquent pas d’intérêt. Il y a là quelques très belles maisons du début du siècle et l’un des plus anciens cafés-restaurants de la ville : le « Spinnekopke ».

Le projet d’aménagement prévoit de réduire la voirie à deux voies de circulation et une bande de parking contournant trois des côtés d’une nouvelle place. Les voiries d’accès et leurs sens de circulation resteraient inchangés.

JardinsFleurs02-plan-300dpi

Au croisement des axes des deux voies d’accès principales, la rue des Chartreux et la rue des Fabriques, on trouve une fontaine de fleurs, construite en hauteur afin de pouvoir être aperçue de loin. La fontaine se termine par une sorte de réverbère, illuminant tout le centre de la place. Elle est entourée par un petit bassin d’eau qui la protège de la cueillette de fleurs.

La composition se complète par une rangée de cerisiers du Japon, choisis pour la beauté de leur floraison au printemps.

Rue du Vieux Marché aux grains

Marchégrains05-100dpi MarcheGrains01-semitubs

Le petit jardin public de la place du Vieux Marché aux Grains est situé dans le prolongement du parvis Sainte Catherine.

Actuellement, cet espace vide est délimité à gauche par un pignon couvert de roofing et à droite par l’escalier de secours de lécole de la Braie.

MarcheGrains02-plan-300dpi

Le projet prévoit d’aménager une berme centrale plantée d’arbres dans le prolongement de celle qui existe. Les trottoirs sont élargis autour des coins pour faciliter le passage des piétons et éviter les parkings aux angles.

Le jardin vertical recrée le front bâti par cinq arcades en treillage métallique recouvertes de plantes grimpantes. Le mur arrière est prolongé par des arcades en treillage, contre formes de premières. Deux sortes de pierres couvrent le sol du jardin décrivant un mouvement qui conduit à une sculpture sur socle et à des bancs publics.

La Tour Noire

tournoire05-100dpi Tournoire01- semitub

La Tour Noire constitue un des derniers vestiges de la première enceinte de Bruxelles datant du 11e siècle.

Ce monument historique était inclus dans les magasins Esders, formant avec eux tout un îlot. Aujourd’hui, ces bâtiments ont été démolis et la Tour surgit d’un champ de ruines, perdue dans un vide disproportionné.

Tournoire02-300dpi

Le jardin vertical constitue une solution qui a l’avantage de redessiner le volume de l’îlot tout en mettant la Tour en valeur. Le projet prévoit de reconstituer de manière purement végétale les remparts situés de part et d’autre de la Tour Noire.
Un café-restaurant en structure métallique et verrière est adossé à la Tour. Le terrain est aménagé en place publique arborée, avec des terrasses de cafés. Une haie et des murets protègent les usagers du bruit et des nuisances du trafic

Rue fossé aux loups

Loups05-100dpi Couverturesemitub

Ce coin de rue, situé derrière le théâtre de la Monnaie, présente un petit développement côté rue Fossé aux Loups et une large façade le long de la rue Léopold.

Les alentours immédiats de ce terrain vague, transformé en parking, sont totalement dépourvus d’espace vert.

La perspective qui s’ouvre sur ce coin est chaotique. Les gabarits de la rue Fossé aux Loups sont très différents et s’achèvent sur les hauts gabarits de la Grande Poste et l’immeuble Philips.

Ce jardin vertical se veut un élément calme et reposant, composé dans le rythme des volumétries environnantes.

Il trouve son inspiration dans les grands massifs de construction envahis par des plantes grimpantes et des arbustes sauvages des ruines de Villers-la-Ville.

Les murs végétaux sont réalisés en terre et sont maintenus verticalement par une structure en bois imputrescible ou en métal.
Ce type de jardin est conçu pour une période limitée à plus ou moins 10 ans, après quoi un projet immobilier pourrait venir le remplacer.

Rue de la Blanchisserie

blanchisserie05-100dpi Blanchisserie01- Semitub

Cette rue remonte depuis City 2 vers le boulevard Pachéco et le Passage 44. En son milieu, un mur d’une hauteur de trois mètres rompt brutalement la perspective.

Le projet prévoit la rehausse de ce mur par des blocs de béton creux, la partie vide étant tournée vers le haut. Ces blocs de béton sont remplis d’un substrat, mélange d’une bonne terre et de terreau, où pourront pousser mousses, sédums et graminées.
En s’élevant, le mur prend une ondulation, dessinant une structure de claustra à double sinusoïde qui permet d’éviter tout contrefort. Le sommet du mur est couvert par une poutre ceinture, se terminant en bac à plantes. Une haie vive s’y développe, constituée de plusieurs espèces différentes : houx, buis, troène et argon d’Europe.

Blanchisserie02-100dpi

Rapidement couvert de végétation, l’ensemble du mur restera vert toute l’année. Fondé sur un principe de bio-diversité, cet espace abritera rapidement une faune variée qui contribue à l’équilibre biologique de la cité.

Boulevard du Jardin Botanique

Botanique05-100dpi JardinBotanique01-semitub

Cet énorme pignon aveugle est situé à un des points névralgiques de Bruxelles, sur le boulevard Botanique, entre la place Rogier et la rue Neuve, en face du centre commercial City 2.
Les constructions qui étaient adossées à l’hôtel Palace ont été démolies pour pouvoir élargir la route et y placer un arrêt de bus. Le projet prévoit d’édifier des remparts et des contreforts en structure légère et d’y faire pousser du lierre. Tous les trois mètres, des bacs à plantes sont aménagés dans la construction. L’intérieur des contreforts abrite un escalier d’accès à la toiture et à des constructions techniques. Le niveau supérieur est aménagé en jardin suspendu et pergolas. Il est éclairé de nuit. Sa couleur claire contraste avec le vert foncé des plantes grimpantes.
Ce nouvel édifice végétal vient se placer dans le prolongement du jardin Botanique, dont il constitue une annonce ou une continuation.

JardinBotanique02-300dpi JardinBotanique03-300dpi

Tour des finances

 

finances05-100dpifinances01-semitub

Une des plus hautes tours de Bruxelles est située en face du boulevard Botanique.
E lle n’a jamais été achevée. Son vaste mur de béton de 135 m de hauteur et 65 m de développement est resté nu. Le revêtement de la façade prévu à l’origine en marbre rose coûtait trop cher, plus de 400 millions.

Ce gigantesque bloc de construction, situé sur les hauteurs de Bruxelles, nous apparaît aujourd’hui dans sa froideur et sa nudité comme le symbole de l’échec d’une certaine architecture et comme une démission des pouvoirs publics dans l’édification de la ville.
Le projet de jardin vertical tente de redonner à l’édifice une dimension humaine par une promenade le long des contreforts de la paroi verticale.

Le chemin accessible uniquement au service d’entretien, démarre au bas du boulevard Botanique et monte la pente de la falaise en de multiples épingles à cheveux jusqu’aux 2/3 de sa hauteur. Plus on s’élève, plus le chemin devient escarpé et plus les pentes sont fortes.
Le parcours est souligné par un alignement d’arbres verts clairs qui se découpent sur les plantes grimpantes du fond.
Les épingles à cheveux sont situées sur des consoles en structures métalliques courbes et triangulées.
Le parcours s’achève sur une falaise verticale couronnée par un bouquet d’arbres en surplomb.
L’ensemble de la composition évoque largement le paysage des montagnes.

Cette nouvelle volumétrie est construite en une structure d’acier qui reprend des murs de terre de 1 à 2 m d’épaisseur placés entre un treillis métallique et un tissu drainant.

En 1958, Bruxelles se voyait doté d’un nouveau monument, l’Atomium,représentatif de l’espoir que l’humanité avait en la découverte d’une nouvelle forme d’énergie : l’atome . Depuis, dans notre ville, aucun monument symbolisant notre foi en l’avenir n’a été construit.
1995 est l’année mondiale de l’environnement. Ne serait-ce pas là une magnifique manière de marquer l’événement et de revaloriser un des immeubles les plus en vue de Bruxelles en lui donnant une valeur véritablement positive?
Ce concept hautement symbolique pourrait se concrétiser grâce à des financements venant, en plus des administrations habituelles, d’organismes différents comme les fonds internationaux de sauvegarde de l’environnement, les fonds Européens pour la protection de la nature, ainsi que de nombreuses sociétés européennes ayant leur siège aux alentours de Bruxelles.