Luc Schuiten est partout. Dans la grande berne, dans la maison du directeur, dans les jardins. Une Saline royale au complet pour accueillir ce qui peut, déjà, être considéré comme la grande exposition d’été à ne pas rater en Franche-Comté.

L’événement est particulièrement ambitieux et réussi. Bien plus, finalement, que l’événement Tintin de l’année dernière qui laissa beaucoup de monde sur sa faim. Cette fois, il y a de quoi dévorer.

Luc Schuiten présente les conjugaisons de son imagination. Dans la grande berne, une raie manta en bois s’agite tranquillement et fait face, aussi haut, à un homme volant.

En bas, un drôle de véhicule qui, bien sûr, fonctionne. Car nous ne sommes pas ici dans le monde éthéré d’un doux poète. « Ce sont tous des projets très concrets, ils utilisent des liens recomposés avec la nature », a expliqué ce samedi Luc Schuiten, 74 ans, venu pour l’occasion de Bruxelles.

Des dessins qui s’illuminent

Pour l’occasion, ses fameuses villes utopiques sont reproduites en très grand format. Beaucoup ont été créées pour l’occasion. Il faut tirer le rideau noir et plonger dans cette antichambre, peut-être le lieu le plus poétique de toute l’exposition.

Là huit grands panneaux représentant paysage et villes vivent au rythme du jour et de la nuit, s’allument lentement, respirent sur un fond sonore de Michel Rodolphe, créé pour l’occasion.

C’est l’entreprise La Romaine à Rioz (Haute-Saône) qui a été chargée de l’impression de ces dessins géants, dont certains font 14 m de haut, sur lesquels on peut s’attarder durant des heures. « On a pris énormément de risques pour parvenir à maîtriser les différentes couches de couleurs. Le plus grand des panneaux nous a pris huit heures pour être imprimé ! »

Dans la maison du directeur, beaucoup de projets et dessins architecturaux, certains prêts à passer au concret comme ce bâtiment destiné aux sans-abri à Bruxelles.

Parmi eux, une Saline royale qui retrouve son cercle complet, voulu à l’origine par Claude-Nicolas Ledoux et qui abrite d’étranges objets volants prêts à décoller vers l’ailleurs.

Comme cette exposition remarquable qui ne demande qu’à monter très haut.

Luc Schuiten, jusqu’au 21 octobre à la Saline d’Arc-et-Senans.

Philippe SAUTER