A86 AUTOUR DU BOIS DE VINCENNES   –  1996

 

 Par la violence du flux de la circulation, tout le paysage a subi un effet de centrifugation autour des courbes du chenal, un peu comme l’érosion d’un fleuve tumultueux modèle ses rives. Ainsi, le travail du paysagiste est d’anticiper sur le devenir naturel d’un site profondément modifié par le tracé de nouvelles voies de circulation en recomposant le paysage dans le sens où celui-ci aurait tendance à se sculpter de lui-même au fil des millénaires.  Des murets anti bruit en dents de scie placée entre les bandes de roulement a l’avantage de réduire la grande largeur de la route et de la relier au restant du paysage. Perçu depuis une voiture roulant sur l’autoroute, le mur antibruit s’élève progressivement. Cette disposition permet d’absorber petit à petit le bruit du trafic automobile. Après avoir dépassé le point culminant l’automobiliste retrouve le bruit de la circulation. Cette configuration a pour conséquence d’accompagner la lecture du paysage par un effet sonore réglé sur la vision du déroulement de la séquence visuelle. Ainsi, la sensation est proche de celle d’un film dont l’image est synchronisée avec le son. Les constructions séparatrices en dents de scie sont disposées en nodules de longueurs réglées sur le rythme respiratoire moyen d’un homme en bonne condition physique : soit 18 cycles par minute. Cette manière particulière de structurer le paysage est une sorte de tracé régulateur basé sur des biorythmes humains.